16 avril 2008
La Chapelle XIXème siècle de l'IUMP
La chapelle de l’ancien couvent des Dames des Sacrés-Cœurs est située à l’ouest de la cour abbatiale. Construite en 1891 par l’architecte troyen Fontaine (Lucien Morel Payen : Troyes et l’Aube, édition de 1929) sur l’emplacement de la maison de la Trésorerie qui faisait partie du premier lot des propriétés de l’abbaye, vendues à la Révolution (voir II C 1°), elle devint chapelle du Grand Séminaire à partir de 1907 et également du Petit Séminaire de 1924 à 1954. Elle sert ensuite de réserve au musée des Beaux Arts.
Sa charpente et son déambulatoire sont un exemple d’architecture métallique du XIXème siècle. Saint Eugène, 6 rue du Faubourg Poissonnière à Paris, est la première église dans laquelle le fer fut employé en 1855.
27 décembre 2007
La Maison du Dauphin (32 rue Kléber)
Autrefois nommée "le Barcq à Berry", cette maison porte aujourd'hui le nom de "maison du Dauphin" en raison des armoiries du Dauphin, fils aîné de François 1er mort de maladie en 1536 à l’âge de 18 ans, sculptées sur le poteau cornier. Le jeune homme voyageait à la rencontre des échevins, magistrats municipaux de l’époque, quand il eu l’occasion de passer à Troyes haut lieu du commerce et de l’artisanat. Le drapier-tisserand qui occupait cette maison à l’époque aurait eu l’honneur de commercer avec le Dauphin. Peut-être a-t-il été autorisé, en tant que fournisseur de la maison royale, à apposer les armes du Dauphin sur son échoppe. Ces armes indiquent donc l'époque de construction de la maison qui relevait du domaine royal. Cette maison est l'une des plus anciennes de Troyes ; le massif de la cheminée porte la date de 1472. Elle n'a donc pas souffert de l'incendie de 1524. Son aspect penché et sa récente restauration lui donne un charme particulier qui ne manque pas d'attirer l'attention. Dès 1743 la maison est occupée par un boulanger puis par un huilier. Elle a également été occupée par des taverniers, perruquiers et cordonniers. Avant la restauration, le rez-de-chaussée de cette maison était également occupé par une Boulangerie. Au XIXème siècle, l’académicien Henri Mondor (1855-1960) y a séjourné.
Cette maison a été restaurée en 1997 par un propriétaire privé et on a refait l’enduit à la chaux de couleur ocre qui lui donne son cachet actuel.
Enduit : 20 litres d’eau, 2kg de chaux blanche naturelle, 2kg de sable jaune de St Florentin, 2 litres de fixateur silcatex, quelques cuillerées d’ocre de Roussillon. Mais les couleurs perdent en général 50% de leur couleur initiale avec le temps.
19 mai 2007
Nouvelle devinette
Dans quelle rue se situe la photo?
14 mai 2007
Devinette troyenne
Un petit jeu à la découverte de la ville: où se trouve cette photo?
La Maison des Chanoines
Cette maison ne se trouvait pas à cet emplacement à l’origine, elle se situait à l’emplacement de l’actuel collège Saint Bernard, ruelle de la Corne de Cerf. Ce collège devenant trop vétuste, la Ville a décidé de le démolir. Serge Morisseau et Gabriel Groley ont réussi à sauver la façade de la destruction. Les bois ont été marqués afin de pouvoir les remonter correctement et entreposés dans des locaux de la Ville. L’actuel propriétaire de cette maison a racheté la façade et le terrain vague depuis de nombreuses années pour un franc symbolique à la Ville sous condition que son projet voit le jour. Sinon la maison retourne dans les biens de la Ville. C’est alors la première fois qu’on démonte une façade pour la remonter à un autre endroit. Nous sommes en 1969 et c’est une grosse opération qui s’annonce ; une opération révolutionnaire.
A l’emplacement de cette maison s’élevait au XVIème siècle (en 1532) une maison à pans de bois appelée « les quatre vents » car elle était située au carrefour des quatre vents. La maison est détruite en 1937 en raison du plan d’alignement de 1855 qui vise à élargir les voies de communication et l’espace reste vacant jusqu’en 1968.
Durant la campagne de restauration, on découvre une très belle cave sur deux niveaux avec des départs de souterrains dont un qui s’en va en direction de la rue Emile Zola. Ces entrées de souterrains ont été comblées mais les caves restent. La façade étant plus petite que ses voisines ont a du surélever le tout d’un étage en béton, c’est pour cela que l’on voit la porte d’entrée de cette maison au premier étage. Par ailleurs le propriétaire a ajouté lors des travaux une lucarne sur le toit qui provient d’une maison du quartier du Gros Raisin.
En 1970 le propriétaire reçoit le prix des chefs d’œuvre en péril pour la restauration de cette maison.
angle de la rue Turenne et de la Place Jean Jaurès
L'Hôtel du Lion Noir
L’Hôtel du Lion Noir a été construit au XVIe siècle à l’emplacement d’un bâtiment détruit par l’incendie du 26 février 1559 qui coûta la vie à plusieurs de ses occupants. Un blason retrouvé sur la hotte de la cheminée du premier étage mentionne quatre familles troyennes importantes : la famille Huez[1], Marguenat[2], Largentier[3] et d’Angenoust[4]. Ces familles devaient être les propriétaires de cet hôtel mais aucun élément n’a permis de savoir s’ils sont les premiers propriétaires. L’histoire de ce bâtiment devient plus précise au XVIIe siècle puisqu’il apparaît dans des actes notariés[5]. Il est mentionné comme « la maison du Lion Noir » à laquelle pend une enseigne représentant un lion noir.
L’Hôtel du Lion Noir est constitué de deux bâtiments : un bâtiment donnant sur la rue que les modifications architecturales apportées ne permettent pas de dater avec précision mais dont les ouvertures laissent penser à un bâtiment du XVIIe siècle. Le corps du logis, sur cour, est incontestablement du XVIe siècle et caractéristique de l’architecture de la Renaissance. En effet, la composition architecturale et les sculptures de ce bâtiment le situent dans la seconde Renaissance italienne. Après l’exubérance de la première Renaissance, la seconde se traduit par une plus grande sobriété et une inspiration directe des monuments antiques. L’harmonie des ouvertures, les pilastres et les chapiteaux traduisent sur cet hôtel du Lion Noir la seconde Renaissance troyenne. Cette architecture remarquable est unique à Troyes, et c’est par ailleurs une des rares représentations de ce style construit en bois visible en France. Ce type d’architecture s’applique habituellement à des bâtiments en pierre.
Ce chef d’œuvre architectural pourrait vraisemblablement être l’œuvre de Dominique Florentin, sculpteur italien qui a vécu à Troyes entre 1541 et 1571. Dominique Florentin a travaillé sur le château de Fontainebleau avec le Primatice (initiateur de la seconde Renaissance) et également à Troyes. Il a également construit les portiques décoratifs pour l’entrée du roi de France dans la capitale de la Champagne. Selon Jean Louis Valentin, architecte et compagnon charpentier, cet hôtel a du être construit vers 1570, ce qui semble être cohérent avec la période de passage à Troyes de Dominique Florentin.
Par ailleurs, une salle située au premier étage rappelle les salles de château avec sa cheminée et ses murs en damiers champenois, et laisse penser que cet hôtel devait être plus grand. Il a dû être séparé en deux parties pour des raisons inconnues. En effet, au fil du temps, toutes traces de cet hôtel ont disparu et sa présence tombe dans l’oubli.
C’est par un concours de circonstances que l’hôtel du Lion Noir a été découvert : la faillite du magasin de chaussures Bally entraîna le rachat de cet hôtel en 1997 par les Mutuelles de Poitiers d’une part et par la société SCI Renaissance appartenant à l’architecte François Peiffer et à Maître Somborn, notaire, d’autre part. A cette période, le bâtiment est entièrement recouvert de crépi, cependant, certains éléments architecturaux du bâtiment donnant sur la cour indiquent la présence d’un immeuble de qualité, malgré les transformations et les dégradations. Les deux bâtiments sont reliés par des galeries à un escalier dissimulé par des verrières qui servaient d’entrepôt.
Une fois le crépi enlevé, une magnifique façade Renaissance à pans de bois apparaît. Les travaux sont momentanément suspendus. Une demande d’inscription à l’Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques est alors déposée après concertation entre la Ville de Troyes et les Services Départementaux et Régionaux des Affaires Culturelles.
L’escalier montre un travail minutieux de sculpture : le poteau central est réalisé dans un seul chêne. Les décorations sculptées, les chapiteaux et autres ornementations sont également de grande qualité. Les sculpteurs ont travaillé le bois comme la pierre : ils ont sculpté dans l’épaisseur de la façade en creusant le bois.
Cette restauration achevée en 1998 est révélatrice des merveilles que l’on peut découvrir par hasard et que l’on ne soupçonnaient pas.
[1] D’azur à un oiseau sur une terrasse accompagné de trois étoiles.
[2] D’azur à trois bandes d’or au chef du même chargé de trois roses.
[3] D’azur à trois chandeliers d’église or posés deux en chef et un en pointe.
[4] D’azur à deux épées hautes les gardes d’or posées en sautoirs.
[5] Un acte notarié du 14 mars 1695 constate la cession de cet immeuble par Jehan Huez à Thienette Lambert veuve Benoist.
Evolution de la ville de Troyes à travers les siècles
De nombreuses personnes se demandent comment la ville de Troyes a pris la forme d'un Bouchon de Champagne. Est-ce du au hasard ou bien le fruit d'un travail réfléchi?
Avec ces images vous allez pouvoir le découvrir:
Ces plans sont tirés du numéro 177 de la revue La Vie en Champagne, d'avril 1969.
25 avril 2007
Hôtel Dieu le Comte, rue de la Cité
Hôtel Dieu le Comte
Malgré la perte des documents d’archives brûlés dans un incendie en 1188 nous savons que cet hôpital a été construit vers le milieu du XIIème siècle par Henri Ier le Libéral, comte de Champagne.
Il est destiné à offrir un abri aux voyageurs (pèlerins), recueillir et soigner les personnes atteintes de maladies mortelles ou guérissables. Selon un règlement rédigé en 1263, les lépreux, les mutilés, les estropiés, les manchots et les aveugles n’y sont pas admis. Au départ les enfants non plus n’y sont pas admis mais le seront à partir du milieu du XVIème siècle.
L’Hôtel Dieu est administré par des religieux et religieuses de l’ordre de Saint Augustin avec à sa tête un Prieur nommé par le Comte. Après la Révolution (en 1792) les congrégations religieuses sont supprimées et les sœurs ne sont employées qu’à titre personnel jusqu’en 1973.
En 1569, le premier médecin arrive à l’hôpital.
Les bâtiments sont entièrement reconstruits au XVIIIème siècle (1702) si bien qu’il ne reste aujourd’hui aucune trace du premier hôpital, ni des bâtiments qui avaient été reconstruits au XVème siècle en pans de bois et torchis. Le bâtiment de l’actuelle apothicairerie est achevé en 1725. Le corps du logis et ses ailes sont achevés en 1756 et la chapelle en 1762.
Les magnifiques grilles de l’Hôtel Dieu de style baroque ont été posées en 1760 par Pierre Delphin, maître serrurier et compagnon parisien. Elles ont fait l’objet d’une restauration en 2005 par les Compagnons du Devoir.
Hôtel du Petit Louvre, rue de la Montée St Pierre
L’Hôtel du Petit Louvre
L'hôtel du Petit Louvre est situé sur les fondations du rempart de l'époque gallo-romaine.
Cet hôtel appartenait à Henri de Poitiers, bailli, évêque, gouverneur et capitaine de la ville de Troyes, qui mourut dans cette maison en 1370. Louis Budé, chanoine de Troyes de 1500 à 1517, fit en partie reconstruire la maison. Le propriétaire suivant fut Odard Hennequin, évêque de Senlis puis de Troyes de 1527 à 1544. Le portail principal de style Renaissance date de la période d'Hennequin.
A partir de 1821, l'hôtel du Petit Louvre se transforme en relais de poste à chevaux dans lequel la diligence Troyes-Paris avait son siège. La façade ouest (côté rue Boucherat) de la maison abritait alors les écuries. Selon les enseignes retrouvées, une salle de restauration occupait également cette maison au siècle dernier.
La façade extérieure montre un mélange des différentes époques d'occupation de la maison: les fenêtres donnant sur la rue Boucherat datent de l'époque gothique pour le 1er étage, celles du rez-de-chaussée de la Renaissance tandis que la baie cintrée date du XIIIème siècle. La tour située près de la deuxième entrée fut également construite au XIIIème siècle, puis détruite en 1868 (d'après Fichot). Aujourd'hui reconstruite à l'identique, elle comprend un escalier desservant les différents étages. L'hôtel du Petit Louvre présente également, dans la cour, un remarquable ensemble de bouts de poutres sculptés et peints datant du XVIème siècle. Nous pouvons y apercevoir des figures grotesques qui ne manquent pas de charme.
Ce remarquable hôtel est aujourd'hui propriété de la ville e Troyes et est inscrit à l'Inventaire des Monuments Historiques depuis le 10 septembre 1986. Les locaux sont désormais occupés par le Conseil Régional, l'UNESCO, le service d'urbanisme de la ville et le Secteur Sauvegardé.
La maison du Pont Ferré, rue de la Cité
La Maison du Pont Ferré (36 rue de la Cité)
Il s’agit là d’une maison à pans de bois typique du XVIème siècle à Troyes ; elle daterait d’avant 1550. Vers 1820 elle a constitué une manufacture de tissu avec sa maison voisine. On peut y voir les abouts de poutres sculptés représentant des figures. Il s’agit en fait des portraits du propriétaire des lieux et de sa famille, comme il était coutume de le faire au Moyen Age.
Cette maison tient son nom du pont qui passait à côté de la maison et qui menait à la porte des Oursins (qui faisait le pendant à la porte de la Girouarde, devant le pont de la Cité) ; par ailleurs cette partie de la rue de la Cité s’appelait autrefois la rue du Pont Ferré. Le mot « ferré » vient de l’impôt qui était prélevé par l’évêque au passage de la porte ; il s’agissait d’un péage sur les fers (sauf sur les siens, car il possédait également une forge). Ce droit à l’impôt a duré jusqu’en 1530.
Cette maison était traversée par le ru du Meldançon qui formait une barrière naturelle à la ville. On peut en voir le tracé sur le soubassement de la maison : l’arc en pierre, et sur la voirie (marquage par les pavés).
En se rendant au square des Trois Godets on peut mieux se rendre compte du passage du ru du Meldançon.



























