19 mai 2007
Nouvelle devinette
Dans quelle rue se situe la photo?
14 mai 2007
Devinette troyenne
Un petit jeu à la découverte de la ville: où se trouve cette photo?
La Maison des Chanoines
Cette maison ne se trouvait pas à cet emplacement à l’origine, elle se situait à l’emplacement de l’actuel collège Saint Bernard, ruelle de la Corne de Cerf. Ce collège devenant trop vétuste, la Ville a décidé de le démolir. Serge Morisseau et Gabriel Groley ont réussi à sauver la façade de la destruction. Les bois ont été marqués afin de pouvoir les remonter correctement et entreposés dans des locaux de la Ville. L’actuel propriétaire de cette maison a racheté la façade et le terrain vague depuis de nombreuses années pour un franc symbolique à la Ville sous condition que son projet voit le jour. Sinon la maison retourne dans les biens de la Ville. C’est alors la première fois qu’on démonte une façade pour la remonter à un autre endroit. Nous sommes en 1969 et c’est une grosse opération qui s’annonce ; une opération révolutionnaire.
A l’emplacement de cette maison s’élevait au XVIème siècle (en 1532) une maison à pans de bois appelée « les quatre vents » car elle était située au carrefour des quatre vents. La maison est détruite en 1937 en raison du plan d’alignement de 1855 qui vise à élargir les voies de communication et l’espace reste vacant jusqu’en 1968.
Durant la campagne de restauration, on découvre une très belle cave sur deux niveaux avec des départs de souterrains dont un qui s’en va en direction de la rue Emile Zola. Ces entrées de souterrains ont été comblées mais les caves restent. La façade étant plus petite que ses voisines ont a du surélever le tout d’un étage en béton, c’est pour cela que l’on voit la porte d’entrée de cette maison au premier étage. Par ailleurs le propriétaire a ajouté lors des travaux une lucarne sur le toit qui provient d’une maison du quartier du Gros Raisin.
En 1970 le propriétaire reçoit le prix des chefs d’œuvre en péril pour la restauration de cette maison.
angle de la rue Turenne et de la Place Jean Jaurès
L'Hôtel du Lion Noir
L’Hôtel du Lion Noir a été construit au XVIe siècle à l’emplacement d’un bâtiment détruit par l’incendie du 26 février 1559 qui coûta la vie à plusieurs de ses occupants. Un blason retrouvé sur la hotte de la cheminée du premier étage mentionne quatre familles troyennes importantes : la famille Huez[1], Marguenat[2], Largentier[3] et d’Angenoust[4]. Ces familles devaient être les propriétaires de cet hôtel mais aucun élément n’a permis de savoir s’ils sont les premiers propriétaires. L’histoire de ce bâtiment devient plus précise au XVIIe siècle puisqu’il apparaît dans des actes notariés[5]. Il est mentionné comme « la maison du Lion Noir » à laquelle pend une enseigne représentant un lion noir.
L’Hôtel du Lion Noir est constitué de deux bâtiments : un bâtiment donnant sur la rue que les modifications architecturales apportées ne permettent pas de dater avec précision mais dont les ouvertures laissent penser à un bâtiment du XVIIe siècle. Le corps du logis, sur cour, est incontestablement du XVIe siècle et caractéristique de l’architecture de la Renaissance. En effet, la composition architecturale et les sculptures de ce bâtiment le situent dans la seconde Renaissance italienne. Après l’exubérance de la première Renaissance, la seconde se traduit par une plus grande sobriété et une inspiration directe des monuments antiques. L’harmonie des ouvertures, les pilastres et les chapiteaux traduisent sur cet hôtel du Lion Noir la seconde Renaissance troyenne. Cette architecture remarquable est unique à Troyes, et c’est par ailleurs une des rares représentations de ce style construit en bois visible en France. Ce type d’architecture s’applique habituellement à des bâtiments en pierre.
Ce chef d’œuvre architectural pourrait vraisemblablement être l’œuvre de Dominique Florentin, sculpteur italien qui a vécu à Troyes entre 1541 et 1571. Dominique Florentin a travaillé sur le château de Fontainebleau avec le Primatice (initiateur de la seconde Renaissance) et également à Troyes. Il a également construit les portiques décoratifs pour l’entrée du roi de France dans la capitale de la Champagne. Selon Jean Louis Valentin, architecte et compagnon charpentier, cet hôtel a du être construit vers 1570, ce qui semble être cohérent avec la période de passage à Troyes de Dominique Florentin.
Par ailleurs, une salle située au premier étage rappelle les salles de château avec sa cheminée et ses murs en damiers champenois, et laisse penser que cet hôtel devait être plus grand. Il a dû être séparé en deux parties pour des raisons inconnues. En effet, au fil du temps, toutes traces de cet hôtel ont disparu et sa présence tombe dans l’oubli.
C’est par un concours de circonstances que l’hôtel du Lion Noir a été découvert : la faillite du magasin de chaussures Bally entraîna le rachat de cet hôtel en 1997 par les Mutuelles de Poitiers d’une part et par la société SCI Renaissance appartenant à l’architecte François Peiffer et à Maître Somborn, notaire, d’autre part. A cette période, le bâtiment est entièrement recouvert de crépi, cependant, certains éléments architecturaux du bâtiment donnant sur la cour indiquent la présence d’un immeuble de qualité, malgré les transformations et les dégradations. Les deux bâtiments sont reliés par des galeries à un escalier dissimulé par des verrières qui servaient d’entrepôt.
Une fois le crépi enlevé, une magnifique façade Renaissance à pans de bois apparaît. Les travaux sont momentanément suspendus. Une demande d’inscription à l’Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques est alors déposée après concertation entre la Ville de Troyes et les Services Départementaux et Régionaux des Affaires Culturelles.
L’escalier montre un travail minutieux de sculpture : le poteau central est réalisé dans un seul chêne. Les décorations sculptées, les chapiteaux et autres ornementations sont également de grande qualité. Les sculpteurs ont travaillé le bois comme la pierre : ils ont sculpté dans l’épaisseur de la façade en creusant le bois.
Cette restauration achevée en 1998 est révélatrice des merveilles que l’on peut découvrir par hasard et que l’on ne soupçonnaient pas.
[1] D’azur à un oiseau sur une terrasse accompagné de trois étoiles.
[2] D’azur à trois bandes d’or au chef du même chargé de trois roses.
[3] D’azur à trois chandeliers d’église or posés deux en chef et un en pointe.
[4] D’azur à deux épées hautes les gardes d’or posées en sautoirs.
[5] Un acte notarié du 14 mars 1695 constate la cession de cet immeuble par Jehan Huez à Thienette Lambert veuve Benoist.
Evolution de la ville de Troyes à travers les siècles
De nombreuses personnes se demandent comment la ville de Troyes a pris la forme d'un Bouchon de Champagne. Est-ce du au hasard ou bien le fruit d'un travail réfléchi?
Avec ces images vous allez pouvoir le découvrir:
Ces plans sont tirés du numéro 177 de la revue La Vie en Champagne, d'avril 1969.



















